- 28 oct. 2025
Le SEGP : comprendre un trouble intime encore méconnu
- Delaunay
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Le Syndrome d’Excitation Génitale Persistante (SEGP) est un trouble rare et pourtant bien réel.
Il se manifeste par une excitation génitale continue, non désirée, sans lien avec le désir sexuel et souvent en dehors de toute stimulation.
Cette excitation peut durer plusieurs heures, voire plusieurs jours, et s’accompagne d’une grande détresse psychologique.
Contrairement à une idée reçue, le SEGP n’a rien à voir avec une hypersexualité.
Il s’agit plutôt d’un dérèglement complexe du système nerveux et vasculaire, parfois lié à un trouble du nerf pudendal, à une hyperactivité du système nerveux autonome, ou à certains traitements médicamenteux.
Chez d’autres, aucun facteur identifiable n’est retrouvé — ce qui rend le vécu encore plus difficile à comprendre et à faire entendre.
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Quand le corps échappe au contrôle
Les personnes concernées décrivent souvent un sentiment d’injustice et de honte.
Elles vivent avec une excitation physique qu’elles ne désirent pas, sans pouvoir la calmer.
Les conséquences peuvent être profondes : anxiété, isolement, troubles du sommeil, perte de confiance en soi, ou encore difficultés dans la vie intime et relationnelle.
Ce trouble met en évidence la nécessité de considérer la santé sexuelle comme un pilier de la santé globale : un corps qui souffre, même dans son intimité, mérite d’être entendu et accompagné.
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Une prise en charge pluridisciplinaire
Le SEGP nécessite une approche globale, bienveillante et coordonnée :
• Consultation médicale (gynécologique, urologique, ou neurologique),
• Accompagnement sexologique,
• Rééducation pelvienne lorsqu’une cause musculaire ou nerveuse est suspectée,
• Soutien psychologique pour apaiser la détresse émotionnelle liée à ce trouble.
Mettre des mots sur ce que l’on vit est déjà une première forme de soulagement.
Pouvoir en parler dans un espace sécurisant, sans jugement, ouvre la voie vers un mieux-être durable.
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En parler, c’est déjà prendre soin
Le SEGP rappelle à quel point le corps et le psychisme sont liés.
Reconnaître la souffrance des personnes qui en sont atteintes, c’est leur rendre la dignité de leur expérience. La santé sexuelle fait pleinement partie de la santé, et mérite la même écoute, la même attention et la même bienveillance.
🩺 Emilie Delaunay
Infirmière – Sexologue
Clinique Georges V & consultations en ligne